SAYCET

samedi 19 mars
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Le Club

SAYCET

samedi 19 mars – Le Club
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De prime abord, le parcours de Saycet peut sembler atypique. Il est pourtant extrêmement fluide, comme guidé par une force extérieure vers l’accomplissement logique de sa destinée de musicien, compositeur et de producteur. Une évolution à rebours d’une époque saturée qui essore souvent les artistes et qui a fait de Pierre Lefeuvre, la tête pensante du projet depuis maintenant 15 ans, une pièce maîtresse du paysage de la musique électronique française.

Quand sort One Day At Home, son premier album, en 2005, il s’inscrit dans un courant dont s’est quelque peu désintéressé le public d’alors: une musique électronique volontairement mélancolique et voyageuse, accessible grâce à ses mélodies pop et dont le travail sur le beatmaking fourmille d’idées et d’expérimentations. Outsider par nature, mais déjà repéré par quelques médias et prescripteurs, Saycet rencontre une fan base internationale qui lui sera fidèle au cours des années.

Le temps passant, son travail créatif s’affine et ses influences se fondent dans une approche hautement personnelle qui réussit le pari de relier une certaine tradition de la musique cérébrale et une ouverture au grand public. Through The Window en 2010 puis Mirage en 2015 font évoluer le projet vers un son plus intemporel qui brille par son travail d’arrangement et une versatilité assumée. Des tournées régulières en Asie, des collaborations (avec Juliette Armanet ou Yan Wagner), nourrissent Saycet. S’il avance encore hors du radar du grand public, il trouve sa place, bien à part, sur la carte de la musique mondiale. Son approche du live affirme sa place de précurseur, toujours en quête de nouveaux terrains esthétiques, avec un dispositif scénique qui utilise la projection vidéo comme source de lumières et non comme simple illustration visuelle pour une véritable expérience immersive.

Ces dernières années, Pierre Lefeuvre a ouvert la porte au travail de composition de musique à l’image. Une suite logique mais pas calculée pour cet orfèvre de la production dont le travail de composition est nourri d’une culture visuelle et cinématographique. En 2019, il signe sa première bande originale pour le long métrage Un Vrai Bonhomme et s’installe progressivement dans le paysage des compositeurs venus de la pop music qui collaborent avec le cinéma. A l’automne 2020, on le retrouvait simultanément derrière toute la musique de La Révolution, série française produite par Netflix et sur une bande originale partagée avec Laurent Garnier pour le documentaire Bastard Lion diffusé sur Canal +.

Invité pour un projet de création exclusive au Château de Versailles à la fin de l’année, on le retrouvera également derrière deux nouvelles musiques de films cette année, dont le premier long métrage de Noémie Merlant, Mi Lubita. Le quatrième album de Saycet, enregistré dans son nouveau studio aménagé dans le XIème arrondissement s’annonce comme son travail le plus abouti. Un nouveau long format partagé entre pièces mélodiques au piano et puissants morceaux club, comme une façon enfin d’assumer deux énergies complémentaires qui forment le sel de la musique de cet artiste unique.